« Nous nous opposons au chef de l’Etat sans faire de l’antiyayisme primaire ». Le coordonnateur de l’Union fait la nation s'est voulu explicite sur les griefs de l’opposition au chef de l’Etat. Antoine Kolawolé Idji a indiqué qu’un accord de gouvernement a été conclu entre deux tours de la présidentielle de 2006 entre les formations politiques qui composent aujourd’hui l’Union.
Boni Yayi n’aurait respecté les engagements qu’il a souscrits aux termes de cet accord. Selon le coordonnateur de l’Union, lors de la formation de son premier gouvernement, il n’aurait respecté que partiellement cet accord. Mais à partir de la formation de son deuxième gouvernement, il n’a plus associé aucun membre de l’alliance Add de l’époque ni de Force clé. Apparemment, les liens sont rompus avec la formation de ce deuxième gouvernement. Mais Antoine Kolawolé Idji a nuancé en soulignant que c’est surtout le mode de gouvernance du chef de l’Etat qui l’oppose fondamentalement à l’Union. Il a parlé de « mauvaise gouvernance », de développement de la pratique des ordres de paiement et de la corruption qui aurait atteint, selon lui, des proportions Inquiétantes. « Le pays est sur une mauvaise pente », a-t-il martelé.
Le coordonnateur de l’Union a déploré le niveau actuel de la dette intérieure du Bénin qui est estimé à 180 milliards F.cfa. Beaucoup d’opérateurs économiques, créanciers de l’Etat, ne seraient pas payés. Antoine Kolawolé a aussi relevé qu’il y a un grand fossé entre le niveau du budget de l’Etat, estimé à plus de mille milliards de F cfa, et la réalité des ressources de l’Etat qui ne dépasserait pas 900 milliards.
Le coordonnateur reconnaît que le Bénin subit les conséquences des crises successives qui ont marqué l’année 2009. Mais, selon lui, le chef de l’Etat n’aurait pas créé, par sa pratique de la gestion de l’Etat, les conditions de la croissance économique. Aussi a-t-il réaffirmé l’engagement et la détermination des forces politiques qui composent l’Union à oeuvrer pour l’alternance en 2011.
Antoine Kolawolé Idji a également déploré les conditions dans lesquelles se déroule le processus de réalisation de la Liste électorale nationale permanente informatisé (lépi). « Nous n’accepterons pas ce qui est en train d’être fait », a-t-il déclaré.
Dans plusieurs localités, les équipes d’agents cartographes seraient composés uniquement de militants Fcbe. Antoine Kolawolé Idji a plusieurs fois réitéré la principale doléance de l’Union par rapport, à la Lépi, celle de l’observation d’une « pause » pour évaluer le processus. Au sujet de la candidature unique le coordonnateur général a indiqué que le processus de renforcement de l’UN se poursuit, et que pour le moment la question de la candidature unique n’est pas le souci fondamental.
D’ailleurs, explique-t-il, L’Union veut rompre avec les alliances électoralistes connues dans le passé et qui se disloquent dès que les élections sont terminées. L’UN entend bâtir une vision et mettre en place une équipe capable de gérer le pouvoir selon les bases posée par l’Union. Il s’agit selon lui, de travailler dans la durée.
Il n’est plus question de porter seulement un homme et sa vision au pouvoir mais de soutenir celui qui intègre et est capable de conduire les affaires de l’Etat sur la base de cette vision. Il a réaffirmé la détermination des leaders politiques de l’Union à sauvegarder et renforcer l’unité jusqu’aux élections et après.