Il s'agissait de la quatrième série d'entretiens destinés à trouver un terrain d'entente sur le financement et l'avenir de l'A400M. Un porte-parole du ministère allemand de la Défense a précisé sous couvert d'anonymat que les participants à la réunion avaient pu s'entendre dans une large mesure sur le calendrier relatif à la livraison et à la mise au point de l'appareil. Il a ajouté qu'aucun accord n'avait été conclu sur le financement -le principal point d'achoppementmais que les positions s'étaient rapprochées. EADS et les sept pays clients (Belgique, Grande- Bretagne, France, Allemagne, Luxembourg, Espagne et Turquie) sont convenus de "poursuivre les discussions" sur la question du financement "dès que possible", at- il dit, refusant de fournir d'autres détails.
Avant la tenue de cette nouvelle rencontre, EADS avait exhorté les sept pays clients à convenir d'une rallonge de 6,4 milliards d'euros pour boucler le programme qui a souffert de nombreux retards et dépassements de coûts. Le groupe aéronautique a menacé d'abandonner le programme si aucun accord n'était conclu. Il avait initialement donné aux gouvernements jusqu'à la fin du mois de janvier pour prendre une décision, une date limite qui n'a pas été respectée.
Les pays clients de l'A400M ont proposé à la direction d'EADS de payer un surcoût maximum de deux milliards d'euros pour la poursuite du programme d'avion de transport militaire, selon le ministre allemand de la Défense Karl-Theodor zu Guttenberg cité la semaine dernière dans un bulletin parlementaire. En plus des entretiens organisés à Berlin, l'avenir de l'A400M devait être abordé à l'occasion de deux autres réunions. Hervé Morin a déclaré que les ministres de la Défense des sept pays clients s'entretiendraient de ce dossier en marge d'une réunion de l'OTAN à Istanbul, en Turquie.
Par ailleurs, le président Nicolas Sarkozy et la chancelière Angela Merkel ont exprimé à Paris leur volonté commune de trouver une solution pour l'avenir de l'A400M que les deux dirigeants ont qualifié de "projet stratégique" pour la France, l'Allemagne et l'Europe.
"Les négociations continuent et il faut tout mettre en oeuvre pour trouver une solution", a souligné Mme Merkel à l'issue d'un conseil des ministres franco-allemand.
"Il faudra trouver une solution et on la trouvera très rapidement", a renchéri le président français rappelant qu'il s'agit d'un "projet stratégique". Le programme A400M, qui a été en 2003 avec un ordre de commande de 180 appareils, souffre d'un retard de quatre ans sur les prévisions initiales. Le quadri-turbopropulseurs a effectué son premier vol au mois de décembre en Espagne.