A défaut de parvenir à un consensus sur les modalités d’évaluation du processus de réalisation de la lépi démarré en novembre dernier, une partie de la classe politique a décidé de l’interrompre en abrogeant la loi qui l’a institué.
En, effet, Le gouvernement a souhaité que l’évaluation puisse se faire en même temps que le processus se poursuive, alors que l’opposition veut que cette évaluation se fasse durant une pause. Pour n’avoir pas su trouver un consensus sur les mécanismes de l’évaluation, une quarantaine de députés ont déposé une proposition pour mettre fin au processus. I
ls rattraperaient ainsi habilement un processus qu’ils ont initié, comme le soulignent certaines indiscrétions, sous la pression de l’opinion publique. Personne, semble-t-il, n’avait voulu, au moment de l’examen et de l’adoption de la loi, apparaitre comme étant opposé à la Lépi. Mais l’on était, semble-t-il, convaincu qu’on aurait, durant sa mise en oeuvre, les prétextes de l’arrêter.
Apparemment, le superviseur général de la commission politique de supervision, Epiphane Quenum, leur donne des prétextes pour arrêter un processus qui devrait à terme permettre au Bénin de disposer de listes électorales fiables et d’organiser des élections transparentes et crédibles.
Selon des sources bien informées et bien qu’il soit en retard sur le chronogramme établi, aurait déjà atteint environ 20 % de sa réalisation. Plus d’un milliard de F.cfa y sont déjà investis grâce au budget national et à l’apport des partenaires au développement.
Les mêmes sources indiquent que bon nombre du matériel de travail sont déjà commandés auprès d’opérateurs étrangers et pourraient être livrés très prochainement. Le Bénin joue ainsi sa crédibilité auprès de ses partenaires étrangers qui du reste se sont fortement mobilisés pour accompagner le processus parce que tous les rapports d’évaluation des élections qui se sont déroulées au Bénin depuis 1991 recommandent vivement la fiabilisation des listes électorales. L’on comprend pourquoi le chef de l’Etat et son gouvernement s’impliquent fortement dans la mobilisation des populations pour l’aboutissement du processus. Boni Yayi s’emploie à donner aux partenaires techniques et financiers des garanties de sa disponibilité et de son engagement à faire doter le pays de listes électorales fiables.
Les partenaires étrangers qui observent l’évolution du processus démocratique au Bénin, souhaitent faire du pays un terrain d’expérimentation d’un outil électoral moderne qu’ils envisagent de vulgariser dans la sous-région africaine. Un arrêt du processus au Bénin donnerait aux pays qui sont déjà réticents, d’autres arguments pour le rejeter.
La forte mobilisation sociale faite autour de la lépi dont on a vanté les avantages auprès des populations l’inscrit pratiquement dans l’esprit de certains citoyens comme un acquis irréversible. Tout arrêt brutal du processus pourrait laisser de véritables séquelles sur l’opinion publique.