Très peu connue du grand public beninois mais très habituée au monde musical et des réalités musicales au Bénin, Claudine François était recemment sur scéne le 16 janvier dernier au Centre culturel français de Cotonou. C’était à l’issue d’une série d’ateliers Workshops qu’elle a animée en plusieurs phases au centre culturel français.
Ces ateliers étaient ouverts à toutes personnes désirant acquérir ou élargir des connaissances et une pratique musicale. A l’issue de la formation, la pianiste a constitué deux groupes de niveau en tenant compte des besoins de chacun. A cette occasion, les étudiants ont travaillé en groupe et individuellement avec Claudine qui a su répondre à leurs demandes musicales, techniques, harmoniques. La deuxiéme phase de l’atelier a consisté à installer un groupe de musiciens avancés ou professionnels pour participer à la création et à la préparation d’un spectacle de restitution qui a été produit par les stagiaires et Claudine François, le 16 janvier sur l’esplanade Marcellin Adadja du Centre culturel français de Cotonou.
De retour à Cotonou après ce fabuleux exploit, l’artiste aux multiples facettes, jouant dans l'expression de son art tantôt d'influences africaines et caribéennes, tantôt du courant afro-américain post-bop, sans renier ses racines européennes, s’annonce pour un prochain spectacle. Cette fois-ci, elle préfére jetter son devolu sur l’espace Tchif de Cotonou. A cette occasion, la pianiste française désire se faire entourer d’une multitude de musiciens béninois, dont Nicolas Genest, le bassiste, Bruno Kouton, le batteur, Cyriaque et bien d’autres. « Il s’agira d’un véritacle spectacle de fusion de plusieurs musiques, d’Europe, d’Afrique et d’Amérique» confie la pianiste et compositrice française.
Une artiste universelle
Après une brillante formation classique et une carrière de concertiste, parallèle à l'enseignement de la musique (lycée, ateliers de création pour enfants, adolescents et adultes), Claudine François s’est tournée vers la musique improvisée et le jazz, suite, entre autres, au déclic provoqué par un mémorable concert de l'Art Ensemble of Chicago à Paris. Elle participe plus tard à des ateliers jazz avec Jacques Thollot, Daniel Humair, Henri Texier, fonde un groupe de free jazz et obtient un prix de la SACEM au concours de la Défense en 1983, écrit pour le théâtre et la danse ainsi que des recueils de pièces éditées chez Henry Lemoine.
Elle tourne, d'abord avec un spectacle musical, Cirque de Barbarie, puis avec ses propres formations marquées par sa rencontre avec le batteur John Betsch avec qui elle enregistre ses albums "Camargue" (avec également le regretté saxophoniste Jim Pepper) et "Healing Force", entre sensibilité européenne et groove américain. Son amour de la culture et des rythmes africains l'amène à se rapprocher de musiciens camerounais et béninois avec qui elle crée le Métis Quintet, dont la musique mélange jazz et sources africaines d'aujourd'hui. S'ensuivent des tournées en France et en Afrique et un album : "Amazon" en 2002 avec le saxophoniste Jean-Jacques Élangué, le trompettiste Nicolas Genest, le bassiste André Nkouaga et le percussionniste et batteur Denis Tchangou.
Tout en poursuivant cette aventure avec le "Métis", Claudine a sorti début 2004 "Lonely Woman" (Marge), un album "post bop" signé Claudine François Quartet avec Steve Potts (sax), Jean-Jacques Avenel (cb) et John Betsch (drums). Elle s’est véritablement révélée au Bénin en 2006 à travers un spectacle inoubliable et riche en couleur qu’elle a animé avec le chanteur Sagbohan Danialou. En prélude donc à son prochain spectacle à Cotonou, la pianiste française exhorte massivement le public béninois à faire le deplacement afin de vivre un grand moment de musique.