Cette réunion à huis clos, qualifiée de "très constructive" par la ministre danoise du Climat, Connie Hedegaard, a permis de dégager "une forte volonté" d'obtenir de "bons résultats" dans tous les domaines, a-t-elle dit. "Ce n'était pas un forum de décision", a-t-elle cependant précisé à la presse après la réunion. Pour Yvo de Boer, secrétaire exécutif de la Convention de l'ONU sur les changements climatiques, "il s'agit de la dernière occasion pour les ministres de donner des directives à leurs négociateurs" au sommet de Copenhague, qui s'ouvre le 7 décembre."Il y a un très, très fort désir de réussir" ce rendez-vous de Copenhague, qui sera "un tournant", a-t-il dit à la presse, notant cependant qu'il "existe encore un besoin de plus d'ambition" des pays industrialisés pour répondre aux recommandations des scientifiques sur l'objectif d'une hausse maximale des températures de 2 degrés. "Nous avons besoin de plus d'offres de la part des pays riches concernant les réductions de leurs émissions", a-t-il souligné, faisant référence notamment aux Etats-Unis et à la Chine, les deux plus gros pollueurs de la planète. "Ce serait très utile pour tout le processus si les Etats-Unis mettaient sur la table des chiffres spécifiques sur les réductions des émissions et sur le financement", a estimé pour sa part Mme Hedegaard. Le ministre français de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, a reconnu qu'"on a un problème clair avec nos amis américains". "Ils (les Américains) sont entre zéro et -4%. On peut comprendre qu'ils ont besoin de flexibilité et qu'il faut accepter", a admis le ministre. Mais "il va falloir que la première puissance du monde, celle qui a le plus de polution par habitant, s'engage beaucoup plus", a-t-il déclaré. les scientifiques recommandent, pour limiter la hausse des températures à 2°C, que les pays développés réduisent de 25 à 40% leurs émissions polluantes en 2020, par rapport à 1990.
Cependant, le président américain Barack Obama a assuré mardi depuis Pékin qu'un accord à Copenhague "devait conlure des objectifs de réduction des émissions des pays industrialisés", laissant entendre que son pays était prêt à avancer un objectif chiffré le mois prochain. Le Premier ministre danois Lars loekke rasmussen s'est également félicité des déclarations coinjointes des Etats-Unis et de la Chine, souhaitant que Copenhague aboutisse à "un accord qui couvre toutes les questions dans les négociations avec effet immédiat". "Ceci confirme que nous avons pris le bon cap", a jugé M. rasmussen. Cet accord, "substantiel et concret" devrait selon lui être transposé dans un cadre légal juridiquement contraignant, "le plus tôt" possible, a-t-il insisté sans avancer de date-butoir. De son côté, le ministre malien de l'environnement, Tiemeko Sangaré, a jugé "important" pour les Africains qu'on puisse avoir "un accord à Copenhague qui inclut une aide concrète et immédiate", dès 2010 et sans attendre l'entrée en vigueur du nouvel accord en 2013. "Nous ne cherchons pas l'aumone, mais la justice et l'équité, pour que cette aide soit fournie à nos pays qui subissent de plein fouet les effets des changements climatiques alors qu'ils contribuent très peu au réchauffement de la planète" a-t-il déclaré.