Depuis un peu plus de deux ans des personnes ressources comme des organisations de la société civile ne manquent pas de mettre l’accent sur les tendances d’interférence dans l’indépendance des médias au Bénin, qui pendant longtemps a été considéré en Afrique comme un laboratoire de la démocratie, surtout pour avoir réussi avec une certaine maîtrise son processus de démocratisation dans un contexte apaisé. Depuis, avec la succession des régimes, de l’eau a coulé sous le pont, et les institutions comme les hommes qui dirigent et décident pour le pays, les acteurs de la culture démocratique n’ont plus sûrement la même vigilance pour la préservation des libertés acquises, dans un pays qui a connu une période pré-démocratique après son indépendance, mais qui ensuite, a plongé dans une longue période d’errements et de dictature. Ces périodes n’ont pas été les meilleures pour la démocratie et les libertés. Le retour à l’état de droit avec le renouveau démocratique a montré que sur le plan de l’organisation politique et de l’expression les Béninois sont des passionnés de la démocratie. Ces mêmes vertus ne sont-elles pas aussi à l’origine des dérapages que le pays est en train doucement de subir ? En ce qui concerne la presse, ce que ces indicateurs et leurs analystes semblent reprocher au « laboratoire de la démocratie », c’est sûrement les rapports contractuels de plus en plus délicats entre les pouvoirs publics et particulièrement le gouvernement en ce qui concerne la communication politique à travers la presse, d’abord du service public et la presse indépendance. Certaines clauses de contrat ont été ainsi dénoncées comme constituant une contrainte à l’indépendance et l’objectivité des médias, particulièrement les médias électroniques comme les chaînes de télévision, surtout publiques, dont l’impartialité et l’objectivité souvent critiquées par certaines personnalités politiques - à tort ou à raison.
La Haac nouvelle mandature elle-même commence à faire la veille autour de la question afin que dans la mesure du possible, les organes de presse retrouvent leur impartialité et leur objectivité et donnent la pleine mesure de leur professionnalisme et l’accès égal à toutes les opinions. Les contrats ne devant pas empêcher d’émettre des critiques objectives dans les règles de l’art et de bonne foi, sans parti pris. Dans son communiqué, l’upmb a très justement, après avoir interpellé les pouvoirs publics, insisté sur la part de responsabilité des organes de presse eux-mêmes, dans l’image que le pays projette au monde extérieur sur le mauvais usage qui est fait de la liberté de la presse. Ce qui implique davantage de responsabilité de la part des acteurs de la presse.