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  DISCRIMINATION POSITIVE
La femme qu’il faut à la place qu’il faut !
 
     
 
 
     
 
Date de publication : 11-03-2009
Auteur(s) / source : Léon BRATHIER
 
     
 

   Il était temps de prendre des actes concrets en faveur de la promotion des femmes pour que nos épouses, nos mères, nos soeurs et nos filles sachent désormais qu’elles ne sont plus des citoyennes de seconde zone, celles qui sont confinées, par nature, dans le rôle de femme tout simplement, sans aucune autre responsabilité sociale que celle de faire des enfants et de contribuer à les éduquer. Le monde évolue et on n’avait pas besoin de décréter l’épanouissement de la femme, sa participation aux réflexions, aux décisions et aux actions qui construisent le progrès moral, intellectuel, scientifique, technologique et socio-économique. Hélas, il n’est pas aisé de changer la pensée, les moeurs et les comportements millénaires. Les discours institutionnels, les plaidoyers « genre » des ONG et des amazones modernes ne semblent guère avoir quelque impact que ce soit sur le pays profond, en raison de l’écart entre la ville et la campagne, les intellectuels et les semi-alphabètes ou analphabètes, entre les valeurs traditionnelles, encore vivantes et vivaces au coeur même du Bénin moderne, et la modernité en marche. Par conséquent, afin que l’évolution de la femme ne soit point perçue, par la grosse majorité des Béninois de nos campagnes et de nos villes, comme un coup de force contre les valeurs établies, qui fondent depuis l’origine, les rapports entre les hommes et les femmes, leur rôles dans la société, il faudra du temps, et surtout de la pédagogie.. L’institut de la femme qui vient d’être créée a donc la chance d’avoir le professeur Tévoèdjrè comme un guide avisé. Il saura très certainement enseigner les manières de réduire le hiatus entre les valeurs traditionnelles et les exigences de modernité, que la société béninoise devra intégrer, pour aider à réussir « la discrimination positive » par laquelle le chef de l’Etat promet de forcer la marche et d’inverser -par les lois et par des actions concrètes- la discrimination millénaire qui pèse sur les femmes. Ce ne sont pas seulement les politiciennes, les amazones modernes qui doivent porter le message, en fer de lance. C’est aussi et surtout, les femmes des campagnes, des zones urbaines, artisanes, cultivatrices, revendeuses, femmes au foyer. Il faut sensibiliser leurs maris, les vieux, les chefs des religions traditionnelles, des confessions religieuses chrétiennes, les imams etc.sur ces « bouleversements » irréversibles..

   Le président de la république a pris lui ses responsabilités et fait des promesses aux femmes; Il a promis je cite : « Pour la suite de mon mandat, je m’engage à ouvrir les chantiers ci-après :

   • L’initiative d’un projet de loi qui vise à améliorer la représentation des femmes dans toutes les institutions de la république, dans l’administration publique et dans les postes internationaux.

   • Le respect de mon engagement de nommer des femmes à concurrence de 30% dans mon prochain gouvernement.

   • L’adoption dans les tous prochains jours par le Conseil des Ministres de la politique nationale de promotion du genre.

    Je veillerai aussi à une meilleure application du code de la famille et des personnes, des textes et des lois relatifs à la promotion des droits de la femme. Dans le même ordre d’idées, les travaux de la commission que je viens de mettre en place devront aboutir à l’organisation de l’Institut de la Femme ayant pour objectif de promouvoir les droits humains de la femme et d’encourager l’égalité entre les hommes et les femmes… » Dont acte. Boni Yayi a promis, on souhaite qu’une volonté politique globale l’accompagne Il appartient également au reste de la société de se convaincre de la nécessité de ce combat en faveur des femmes ; d’accepter la discrimination positive en leur faveur, mais en exigeant qu’elle se fasse aussi dans l’excellence. Choisir en fonction des capacités réelles de chacune de celles qui ambitionnent une position dans l’administration publique et le secteur privé, dans la politique au plus haut niveau de responsabilité. Il est impératif de toujours discriminer tout en faisant dans la mesure du possible le choix de la compétence en mettant la femme qu’il faut à la place qu’il faut ! C’est un droit qui leur est accordé et la discrimination positive ne saurait être ni du paternalisme, ni une faveur ou une condescendance. Seules les femmes qui la méritent en seront les élues. Tout commence donc par le meilleur accès à l’éducation de qualité, à la promotion chez nos soeurs de l’effort soutenu, la force de vaincre par ses propres aptitudes, la recherche de la performance, le refus du confinement des ambitions éducatives pour les filles. Du pain sur la planche.

 
 
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